Rapport d'Activité

2015-2016

Ensemble, nous sommes la solution

L'EDITO LE RAPPORT

INTRODUCTION

Le WWF est l’une des toutes premières organisations indépendantes de protection de l’environnement dans le monde. Avec un réseau actif dans plus de 100 pays et fort du soutien de près de 6 millions de membres, le WWF œuvre pour mettre un frein à la dégradation de l’environnement naturel de la planète et construire un avenir où les humains vivent en harmonie avec la nature, en conservant la diversité biologique mondiale, en assurant une utilisation soutenable des ressources naturelles renouvelables, et en faisant la promotion de la réduction de la pollution et du gaspillage.

Depuis 1973, le WWF France agit au quotidien afin d’offrir aux générations futures une planète vivante. Avec ses bénévoles et le soutien de ses 220 000 donateurs, le WWF France mène des actions concrètes pour sauvegarder les milieux naturels et leurs espèces,

assurer la promotion de modes de vie durables, former les décideurs, accompagner les entreprises dans la réduction de leur empreinte écologique, et éduquer les jeunes publics. Mais pour que le changement soit acceptable, il ne peut passer que par le respect de chacune et chacun. C’est la raison pour laquelle la philosophie du WWF est fondée sur le dialogue et l’action. Depuis décembre 2009, la navigatrice Isabelle Autissier est présidente du WWF France et Pascal Canfin en est le directeur général depuis le 5 janvier 2016.

Pour découvrir nos projets sur le terrain, rendez-vous sur : http://projets.wwf.fr

Ensemble, nous sommes la solution.

© 1986 Panda Symbol WWF - World Wide Fund For nature (Formerly World Wildlife Fund).
® “WWF” & “living planet” are WWF Registered Trademarks / “WWF” & “Pour une planète vivante” sont des marques déposées.

In Memoriam

Dr Luc Hoffmann

Si le WWF pleure la perte du Dr Luc Hoffmann, qui s’est éteint le jeudi 21 juillet à l’âge de 93 ans, il rend hommage au soutien extraordinaire qu’il a apporté, sa vie durant, à la protection de la nature et au travail mené à ses côtés.

Né à Bâle en 1923, docteur en biologie, héritier du groupe pharmaceutique Hoffmann-La Roche, il renonce très tôt à son destin de capitaine d’industrie et dédie sa vie à la nature. Enfant, il passe le plus clair de son temps à regarder les oiseaux, se dépêchant de faire ses devoirs pour aller dehors, au plus près de la nature. Il glisse peu à peu vers la biologie et l’ornithologie et obtient un doctorat en zoologie à l’Université de Bâle. Il publiera notamment plus de 60 livres et publications sur les oiseaux et leurs habitats.

Dès 1954, il fonde la station biologique de la Tour du Valat en Camargue et collabore à partir de 1958 avec l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Mais comme il nous l’a confié dans un entretien exclusif en 2011 , « sentant que tout cela était trop théorique », il participe en 1961 à la création du WWF « afin de récolter des fonds et de transformer ces ressources en actions concrètes sur le terrain ». Convaincu que pour convaincre, il faut avant tout collaborer et stimuler tous les acteurs, même s’ils sont, au départ, peu sensibles aux questions environnementales, la philosophie du WWF lui doit beaucoup. Il restera vice-président du WWF International jusqu’en 1988.

Durant sa carrière, il contribue à la signature de la Convention internationale pour la protection des zones humides dite Ramsar, en 1971, à la création du Parc naturel régional de Camargue, à la Fondation Internationale du Banc d’Arguin, en Mauritanie, et à bien d’autres projets environnementaux. Nous lui devons également la création du WWF France, en 1973, car c’est lui qui a su convaincre le gouvernement français qu’une antenne du WWF avait sa place en France.

Il a été à nos côtés pendant tout le reste de sa vie. Il a été président du WWF France, il en a animé le comité scientifique et fut un soutien moral et financier chaque fois que la situation le nécessitait.

C’est grâce à son immense volonté et sa contribution financière que de nombreux projets et programmes ont pu voir le jour au WWF France comme la campagne « Zones humides » en 1985, la campagne « Pour une Loire Vivante », le programme alpin, fin des années 1990 ou l’acquisition de nos propriétés foncières en Brenne (précurseur de l’actuelle réserve nationale de Chérine). Son fils, André Hoffmann est actuellement vice-président du WWF International.

En hommage à ce grand monsieur qui a tant fait pour notre organisation, nos futurs locaux, en cours de réhabilitation dans le cadre d’un projet d’excellence environnementale, porteront son nom.

« Luc était à la fois un grand homme et une belle personne. Un grand homme par ce qu’il a réussi à réaliser. Et une belle personne, juste, modeste et droite. Et la plupart des grands hommes ne sont pas de belles personnes ! Comme la plupart des belles personnes ne sont pas des grands hommes. Être les deux à la fois, fait de toi, Luc, un géant. Et les géants ne meurent jamais. Alors, Luc, je te dis : à lundi ! »

Pascal Canfin, le 19 août 2016, lors de la cérémonie organisée en mémoire de Luc Hoffmann dans le domaine de la tour du Valat.

Afin de rendre un hommage à long terme au travail de visionnaire de Luc Hoffmann, le WWF et la Fondation Mava ont créé, en 2012, l’Institut Luc Hoffmann. Il a pour objectif de répondre par des solutions durables et scientifiques aux défis environnementaux les plus complexes de la planète. En 1998, Luc Hoffmann a reçu la plus haute distinction du WWF International, la Médaille de la Conservation du Duc d’Édimbourg. La France lui a également remis la Légion d’honneur en 2010, et son travail de protection de la biodiversité a été récompensé par le prix de la Fondation Prince Albert II de Monaco en 2016.

EDITO

Isabelle Autissier

Présidente du WWF France

Le monde change vite autour de nous et les nouvelles, souvent contradictoires, se bousculent. Les deux dernières années ont été les plus chaudes depuis l’invention des mesures météorologiques, mais l’Accord de Paris donne enfin l’espoir de la prise de conscience des États. Le nombre de pandas et de tigres augmente dans le monde, mais celui des vertébrés a été divisé par deux en 40 ans, les thons reviennent en Méditerranée, mais ceux de l’océan Indien chutent drastiquement. Face à cela, nous sommes un peu perdus et souvent découragés.

Pour tenir le cap, rappelons-nous quelques fondamentaux.

La terre n’a pas besoin de nous et peut même redevenir le désert qu’elle a été il y a quelques milliards d’années. En revanche, l’homme a désespérément besoin de la planète.

La stabilité du climat, la diversité de la vie et des écosystèmes, la disponibilité en terre fertile, l’air et l’eau purs sont les fondamentaux absolument intangibles sur lesquels nous pouvons développer des sociétés en paix. Toute atteinte à l’environnement est une atteinte au développement et à la paix.

La « bonne nouvelle » de la crise écologique est qu’elle est liée à l’activité humaine et pas au passage d’une comète ou de quelques phénomènes inévitables.

Portons au crédit des générations passées qu’elles ne savaient pas et ne disposaient pas des outils techniques permettant la mise en oeuvre d’un développement soutenable. La science nous a depuis largement alertés et pour peu que nous investissions suffisamment dans les technologies vertes, elles sont déjà porteuses de nombreuses solutions. Elles constituent notamment un réservoir d’emplois et de sens pour notre jeunesse. Mais les techniques ne sont que des outils qu’il nous revient de piloter et aucune ne sera le coup de baguette magique qui nous mettra à l’abri d’une nécessaire prise de conscience et d’un indispensable changement.

Alors, de même que les consommateurs, les producteurs, les politiques, les industriels et toutes les composantes de la société ont contribué à dégrader l’environnement, il incombe à chacun d’entre nous aujourd’hui de le protéger. Par une consommation raisonnée et orientée vers des produits moins impactants, par des choix entrepreneuriaux pour développer de nouveaux procédés respectueux de la nature, par des politiques publiques au profit de la protection des espaces et des espèces et incitant les citoyens et les entreprises à de nouveaux comportements. Oui, chacun peut tenir sa place.

Le WWF est fier de tenir la sienne, depuis plus de 50 ans et dans plus de 100 pays dans le monde, pour alerter, protéger concrètement, challenger les entreprises, influencer les pouvoirs publics et construire avec les citoyens de nouveaux modes de vie.

Chaque année compte ses combats, ses inquiétudes et ses victoires. Ce rapport en est le reflet. Sa richesse et sa diversité me rendent optimiste sur notre capacité collective à changer. Chaque année, nous voyons de plus en plus de gens se mobiliser autour de nous et notre voix portée de mieux en mieux. Si nous le devons au travail de nos équipes, nous le devons avant tout à vous tous, qui nous donnez les indispensables moyens d’agir.

Alors merci. Pour la planète, mais surtout pour nous tous qui l’habitons et pour tous les petits humains qui y arrivent. Le WWF se tiendra toujours à vos côtés pour construire un monde plus soutenable, donc plus stable et plus sûr.

Pascal Canfin

Directeur général du WWF France

J’ai pris en janvier 2016 la direction du WWF France. Je mesure depuis lors l’extraordinaire travail fourni par les équipes du WWF, tant en France que dans le reste du monde, pour mener à bien nos missions au service d’une seule cause : maintenir notre planète vivante !

Le WWF France a adopté en juin 2016 sa nouvelle stratégie d’interventions Biodiversité Soutenabilité 2020 qui définit nos priorités et nos principales actions pour la période 2016-2020. Elle constitue une partie importante de ce rapport d’activité, car nous souhaitons en partager l’ambition avec toutes les parties prenantes du WWF en France.

En cohérence avec la stratégie du réseau WWF dans le monde, elle présente les objectifs et actions du WWF France sur cinq enjeux clés : la protection des espèces et habitats menacés, la sauvegarde des océans, la conservation et la restauration des forêts, la promotion de systèmes alimentaires durables et la lutte contre le dérèglement climatique.

Sur chacun de ces enjeux, le WWF France se fixe des objectifs précis. À titre d’exemples, nous travaillons à protéger efficacement le plus grand bloc de forêt tropicale intacte au monde sur le plateau des Guyanes, à lutter contre la pollution plastique et les collisions menaçant les grands cétacés en Méditerranée, ou encore à engager un dialogue transformationnel avec les 25 entreprises françaises les plus impactantes pour la biodiversité dans le monde afin qu’elles améliorent significativement leurs pratiques.

Au-delà de l’adoption d’une nouvelle stratégie, la période couverte par ce rapport d’activité a vu le WWF contribuer à de belles et importantes victoires : la réussite de l’accord de Paris en décembre 2015 sur le climat, l’adoption de la loi sur la biodiversité, 40 ans après la première loi de protection de la nature en France, avec la consécration du préjudice écologique contre les pollueurs, ou encore le renforcement dans de nombreux pays des interdictions du commerce d’ivoire, résultat direct du plaidoyer mondial du WWF.

Ces victoires sont importantes, car elles montrent qu’il n’y a pas de fatalité. Aucune loi intangible ne nous oblige à détruire les forêts, à vider les océans, à dérégler notre climat. Tout cela est le résultat de l’action des hommes. Et ce que nous avons défait, nous pouvons souvent le recréer. Quand les accords sur les quotas de pêche gagnés notamment par les ONG sont mis en oeuvre, les poissons reviennent. Quand les énergies renouvelables se développent massivement, les émissions de CO2 stagnent pour la première fois.

Ces changements positifs ne se font jamais tout seuls. Ils sont très souvent le résultat d’une mobilisation de la société civile pour changer les politiques publiques et les pratiques des entreprises. C’est pourquoi, nous avons besoin de tous et de chacun. Nous avons besoin de vous. Car ensemble, nous sommes la solution !

L'effet Panda

Le WWF mène des actions de conservation sur le long terme, dont les effets se mesurent dans la durée. Parce que notre travail n'est jamais vraiment terminé, on peut parfois oublier de célébrer nos victoires. Pourtant, quel que soit le projet, chaque avancée, même infime, demeure essentielle. L'effet Panda, c'est donc ce moment suspendu où l'on s'attarde sur une bonne nouvelle, un succès, un répit, pour mieux reprendre le combat.

L'Effet Panda, nos grandes victoires de l'année

Plus de 1700 étudiants ont pris part à la "Panda révolution", relevant avec brio le challenge Café Panda que le WWF France a lancé en octobre dernier.

L’Accord de Paris enfin signé !

Vendredi 22 avril dernier, plus de 175 pays se sont réunis au siège des Nations unies à New York pour signer l’accord sur le climat adopté à la COP21.

La population de tigres augmente !

Pour la première fois et après plusieurs décennies de déclin, le nombre de tigres augmente. 3890 félins sauvages ont été répertoriés alors qu’ils n’étaient plus que 3200 en 2010.

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