Chapitre 3

Bilan annuel

DÉCOUVRIR Chapitre 2 : Nos temps forts Chapitre 4 : Le WWF en bref

Politiques publiques

Depuis son origine, le WWF a développé une politique d’influence auprès des États et des institutions pour que la question de la préservation de l’environnement soit prise en compte dans l’agenda politique et public. Cette année encore, nous avons fait entendre notre voix, tant au niveau national qu’européen.

Les victoires

En juillet 2015

520 000 citoyens européens répondent « Non » à la révision des directives Oiseaux et Habitats lors de la consultation de la Commission européenne (plus de 33 000 signatures obtenues en France dont 15 000 via le site Internet du WWF France). En octobre 2015, 9 ministres européens, dont Ségolène Royal, se prononcent officiellement dans une lettre à l’attention du commissaire européen Vella pour la défense des directives Oiseaux et Habitats. En février 2016 : une résolution du Parlement européen demande le maintien des directives ;

10 septembre 2015

La France est le premier pays à arrêter complètement, et sans exemption, ses soutiens publics à l’exportation de toute centrale à charbon, quelle que soit la technologie utilisée ;

8 avril 2016

Ségolène Royal annonce un moratoire sur les permis d’hydrocarbures en Méditerranée ; le 25 avril, François Hollande assure vouloir proscrire l’exploration en Méditerranée ;

25 avril 2016

En ouverture de la Conférence environnementale, François Hollande prend l’engagement de développer le marché des obligations vertes y compris par une émission d’Etat pour promouvoir des investissements qui peuvent participer de la transition énergétique et écologique et annonce l’instauration d’un prix plancher pour le carbone dans la production d’électricité, pénalisant ainsi les centrales à charbon ;

30 juin 2016

Adoption du règlement européen encadrant la pêche profonde grâce notamment au revirement de la position française sur l’interdiction du chalutage profond obtenu en novembre 2015. La France bloquait depuis 2012 l’adoption de ce règlement et en particulier toute interdiction du chalutage de fond.

Nos autres combats

Notre-Dame-des-Landes

Actions interassociatives, financement d’une étude sur le plafonnement du trafic aérien, prise de contact avec des chefs d’entreprise pour qu’ils se mobilisent contre le projet de construction de l’aéroport ;

Boues rouges

Aux côtés de FNE, le WWF participe au Comité de surveillance et d’information des rejets en mer et réclame une mise en conformité de la société Altéo dans un délai strict de 2 ans avec un arrêt total des rejets toxiques en mer ;

Pesticides

Le WWF demande de séparer l’activité de vente de produits de celle de conseil sur leur usage – mesure qui a été retenue par le gouvernement suite à la Conférence environnementale – et de mieux protéger les populations exposées aux pesticides ;

État exemplaire

Plaidoyer pour que la question de la lutte contre la déforestation soit intégrée dans l’attribution des marchés publics ;

Commerce illégal

le WWF France veille à une mise en oeuvre ambitieuse par la France des obligations européennes en matière de lutte contre l’importation de bois illégal et de lutte contre la pêche illégale.

Biodiversité

Suite à la décision du préfet d’un abattage massif des bouquetins du Bargy, le WWF France continue à plaider en faveur d’un abattage sélectif préservant les animaux sains. Cette mesure a été retenue par les pouvoirs publics en mai 2016, mais pourrait être remise en cause.

Partenaires publics

À l’autre bout du monde, avec l’Agence Française de Développement et le Fonds Français pour l’Environnement Mondial, ses partenaires historiques, le WWF France s’engage dans la protection de l’exceptionnelle biodiversité des pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie, en Ouganda, à Madagascar et au Vietnam.

Le FFEM

Depuis 20 ans, le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) est un fonds public destiné à favoriser la protection de l’environnement mondial dans les pays en développement. Le FFEM contribue au financement de projets de développement ayant un impact significatif et durable sur l’un ou l’autre des grands enjeux de l’environnement mondial : biodiversité, changements climatiques, eaux internationales, dégradation des terres incluant la désertification et la déforestation, polluants organiques persistants, couche d’ozone.

L’AFD

Institution financière, l’Agence Française de Développement (AFD) est au coeur du dispositif français de l’aide publique en faveur des pays en développement et de l’Outre-mer. L’AFD met en oeuvre la politique définie par le gouvernement français, agit pour combattre la pauvreté et favoriser le développement durable. Présente en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique Latine, dans les Caraïbes et l’Outre-mer, cet établissement public finance et accompagne des projets qui améliorent les conditions de vie des populations, soutiennent la croissance économique et protègent la planète.

Préserver les mangroves de la Manambolo (Madagascar)

Afin de préserver et de restaurer les mangroves de la Manambolo, il est impératif d’impliquer les communautés locales vivant sur la côte, car elles sont les premières à bénéficier des services rendus par les forêts bleues. Phase essentielle du projet, la campagne de sensibilisation des populations riveraines a donc démarré cette année. Son objectif : convaincre de la nécessité de préserver les mangroves au profit du climat et des hommes.

Trois sites regroupant une dizaine de villages ont d’ores et déjà été consultés et plus d’une vingtaine de séances de sensibilisation et d‘information ont été organisées. Des émissions de radio ont été diffusées et des films mettant en exergue les différents services rendus par les mangroves ont été projetés, suivis de rencontres-débats pour permettre d’échanger.

Et il semblerait qu’une prise de conscience soit en train d’émerger. Déjà, certains membres des communautés locales se sont engagés dans les activités de restauration, et ce, dès le début du processus. Ils ont notamment participé aux missions de repérage, plus de 7 hectares sont désormais identifiés comme des zones potentielles de restauration. Ils ont également participé activement à la replantation. Grâce aux 336 participants, dont 33% de femmes, ce sont plus de 30 000 propagules qui ont été plantées. Quelques mois seulement après le lancement du projet, cette mobilisation est de très bon augure…

Le monde économique

En travaillant avec le monde de l’entreprise, le WWF s’efforce de faire changer les pratiques et d’obtenir des résultats concrets. Il s’agit de trouver ensemble des solutions pour faire baisser l’empreinte écologique de l’humanité et relever les défis de conservation tels que stopper la déforestation, empêcher la pénurie d’eau, lutter contre la surpêche ou encore enrayer les effets du changement climatique.

Transformer les marchés et changer les modes de consommation

300 à 500 entreprises contrôlent environ 70 % des marchés mondiaux des matières premières considérées comme critiques par le WWF. En convainquant un nombre significatif d’entreprises d’utiliser des standards de production durables, il est possible de pousser le marché jusqu’ à un point de bascule où la production durable devient la norme. En France, le WWF a identifié les 25 entreprises françaises prioritaires pour une transformation rapide des marchés, car elles impactent le plus les écosystèmes terrestres et marins. Toutes ces entreprises ont un rôle prépondérant à jouer dans la transformation des marchés, quel que soit leur positionnement au sein de la chaîne d’approvisionnement.

Réduire l’empreinte carbonée et accélérer la transition énergétique

En décembre 2015 lors de la COP21, ce sont plus de 10 000 engagements qui ont été pris par les acteurs non étatiques et qui joueront de fait un rôle clé dans la mise en oeuvre de l’Accord de Paris. 80 % des 500 plus grandes entreprises disposent déjà d’objectifs de réduction de leurs émissions de GES ou de gestion de l’énergie, mais trop peu sont assez ambitieux pour rester sur une trajectoire en dessous des 2°C. En plus de l’initiative mondiale « Science Based Targets », le WWF travaille donc avec certaines entreprises sur l’énergie, les infrastructures, les modes de vie et la ville de demain pour accélérer cette transition et mettre en oeuvre des pratiques et des solutions bas carbone.

Nos partenaires

Advansa, Arjowiggins Graphic, Audencia, Boralex, Bouygues Construction, Carrefour, Caudalie, Cocorette, Crédit Coopératif, Davigel, Ecofolio, Ecotextile, Ecoperl, Fondation Coca-Cola, Fondation Schneider, Electric, Fromageries BEL, Gîtes de France, Groupe SEB, Hamelin, International Bon Ton Toy, International Paper, Johnson Controls, La Poste, LEDON, Maison Alfort, Mandarine, Marriott, Michelin, Nathan, Panini, Paprec, Poma, Puzzle Michèle Wilson, Rettenmaier, Rougier, Saint Mamet, Sodexo, Voltalia

TRANSPARENCE

Le nom des partenaires, mais aussi la nature et le contenu des partenariats sont systématiquement communiqués.

DROIT AU DÉSACCORD MUTUEL

Ensemble, le WWF et ses partenaires se reconnaissent le droit de ne pas être d’accord sur tout, car il s’agit d’un élément clé de la crédibilité du partenariat.

RÉSULTATS MESURABLES

Le WWF rend compte des objectifs de chaque partenariat et des résultats qu’il a obtenus.

COMMUNICATION CADRÉE

Le logo du WWF n’est ni un label ni une caution sur l’ensemble de la démarche sociétale des entreprises partenaires. Son utilisation atteste d’un engagement pris sur un domaine de coopération précis et témoigne de leur soutien.

Un rapport dédié à nos relations avec le monde économique paraît également chaque année.

Merci pour votre soutien

Vous êtes nombreux à soutenir nos actions, en agissant comme bénévoles, en relayant nos messages ou encore en soutenant financièrement la Fondation. Cette année, vous êtes près de 150 000 à avoir fait des dons et 61% de nos ressources proviennent de vos contributions directes. C’est là la garantie de notre indépendance d’action et nous vous en remercions vivement.

Nos moyens de collecte et de sensibilisation

Vous informer de nos combats et de nos succès, des dangers qui menacent l’environnement, de leurs conséquences sur les êtres vivants ou encore de l’évolution de nos programmes, est une priorité au coeur de notre mission sociale.

C’est pourquoi les messages que nous vous adressons ont avant tout vocation à vous sensibiliser sur les enjeux liés à l’environnement.

Bien entendu, nous avons également besoin de votre soutien financier pour mettre en oeuvre nos programmes, d’où nos appels à dons réguliers.

Sans cette collecte, nous ne serions pas en capacité d’oeuvrer dans le monde entier via nos différents projets de conservation, ni de mener nos campagnes de sensibilisation et de plaidoyer visant à faire baisser l’empreinte écologique de l’humanité. Sans votre soutien financier, nous ne pourrions pas agir.

Merci.

Au plus près du terrain

Nous avons mené cette année un programme de «face à face» en Guyane où les recruteurs ont pu passer du temps avec les équipes locales du WWF, avant d’aller sensibiliser la population guyanaise aux enjeux de notre organisation, notamment les enjeux locaux comme la lutte contre l’orpaillage illégal ou la protection de la faune (dauphin de Guyane, loutre…).

Une donatrice en Nouvelle-Calédonie

Nous avons cette année organisé une tombola pour financer un projet « d’inventaire spatialisé » de la population de cagous et contribuer ainsi à la sauvegarde de cette espèce endémique de l’île. Les personnes ayant soutenu ce projet pouvaient participer à un tirage au sort et gagner un voyage en Nouvelle-Calédonie (offert par un partenaire). C’est Claire, une de nos donatrices, qui a eu le privilège de se rendre sur place et de rencontrer notre équipe locale ainsi que les célèbres cagous !

Notre image médiatique

Sur la période juillet 2015 à juin 2016, le département communication a répondu à 3 défis majeurs.

Le premier défi était de mettre en place les outils de communication nécessaires pour permettre au WWF de bénéficier de la plus grande visibilité pendant la COP 21. Pour les acteurs de l’environnement en France, associations, entreprises et acteurs publics, la COP21 était l’évènement majeur incontournable de l’actualité environnementale de l’année 2015. Faire du WWF une voix forte et entendue n’était pas un mince défi. En effet, si l’opinion publique française attribue au WWF le statut de première ONG, c’est moins par le fait de son action dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique que par son engagement historique dans la protection des espaces et des espèces.

Il a fallu donc être inventif, agile et réactif pour développer des outils répondant aux attentes du réseau WWF que le WWF France avait la lourde tâche de recevoir et pertinents pour la notoriété et la collecte de fonds du WWF France. Le 03 décembre, en pleine COP 21, Courrier International publiait un numéro spécial sur la mobilisation de la société civile contre le réchauffement climatique. Réalisé en partenariat avec le WWF et France Info, ce numéro dont Isabelle Autissier était la rédactrice en chef, a été tiré à 212 800 exemplaires .

Pour finir, du 4 au 10 décembre, le WWF a été l’un des participants de « Solutions COP21 », l’événement multi-acteurs que le Comité 21 organisait au Grand Palais. Avec plus de 42 000 visiteurs, le WWF a pu ainsi sensibiliser un large public aux questions climatiques.

Parallèlement, aux enjeux climatiques, dont la COP 21 a constitué l’événement phare, le WWF France s’est positionné parmi les bureaux les plus actifs au sein de la campagne internationale « Sauvons nos océans ». Cette campagne qui s’est terminée fin 2015 a été suivie au premier semestre 2016, par de nombreuses actions de communication, dont la campagne Fish Forward ou l’overfish day, dont le but était de mieux mettre en perspectives les enjeux planétaires de la protection des océans.

Le troisième défi de la période a été d’augmenter et d’améliorer la couverture des thématiques du WWF par les médias les plus populaires. Avec une croissance de 80 %, dont 33 % dans les médias audiovisuels, le défi a été largement relevé permettant ainsi de toucher 150 470 262 personnes.