Notre objectif Climat & énergie Notre objectif Vie des océans Notre objectif Vie sauvage Notre objectif Vie des forêts Notre objectif Alimentation Notre action sur le levier marché Notre action sur le levier gouvernance Notre action sur le levier finance
Chapitre 2

Notre feuille de route

DÉCOUVRIR Chapitre 1 : Nos temps forts Chapitre 3 : Bilan annuel

Comprendre l'action de WWF en 4 minutes

Les projets soutenus par WWF

Première organisation mondiale à s'être engagée dans la protection de la nature, le WWF intervient dans le monde entier pour conserver les écosystèmes et protéger les espèces. Afin de construire un avenir où les humains vivent en harmonie avec la nature, nous œuvrons au quotidien. De la Nouvelle-Calédonie à Madagascar, en passant par l'Amazonie, la Méditerranée ou la Camargue, découvrez les projets que nous menons sur le terrain.

En direct du terrain

Notre objectif Climat & énergie

D'ici 2020, l’élan pris à Paris durant la COP21 sera maintenu et amplifié. La France fait figure de leader international sur l’agenda climatique.

La transition énergétique est en marche

À l’occasion des grands rendez-vous internationaux, dont le sommet du G20 qui s’est tenu les 4 et 5 septembre 2016, le WWF a souhaité mettre en lumière 15 grands signaux démontrant que la transition mondiale est en marche.

La seule solution pour fournir tout le monde en énergie, sans nuire à l’environnement, est le passage généralisé aux énergies renouvelables. Cette transition énergétique implique de nombreux changements, pour chacun d’entre nous. Au WWF, nous travaillons déjà pour relever ces défis. Nous agissons sur le terrain, nous sensibilisons l’opinion, nous nous efforçons d’influencer les pouvoirs publics et d’engager les entreprises. Mais il est nécessaire d’accélérer cette transition pour avoir une chance de maintenir la hausse des températures bien en dessous de 2 °C.

En août 2016, le WWF a ainsi publié « Les 15 signaux qui montrent que la transition énergétique est en marche », un rapport inédit attestant du changement désormais inéluctable. À titre d’exemple, les énergies renouvelables ont ainsi représenté 90 % de la nouvelle génération d’électricité mondiale en 2015. Les émissions globales de dioxyde de carbone provenant du secteur de l’énergie ont stagné pour la seconde année consécutive malgré une croissance économique mondiale de 3 % et le nombre d’emplois créés par le secteur des énergies renouvelables atteint un niveau record : 8,1 millions.

Mettre l'accord de Paris en application

Pour tenir leurs engagements, les États doivent désormais se mobiliser sur des plans d’actions rapides et solides. Comment ? Cette question aura été au coeur des négociations de la COP22 de Marrakech tout au long de laquelle le WWF France s’est mobilisé.

Afin que la COP21 aboutisse à un accord international ambitieux pour l’après 2020, le WWF s’est efforcé de mobiliser l’ensemble des acteurs : les décideurs bien entendu, qu’il s’agisse des gouvernements ou des entreprises, mais aussi les citoyens qui, en se regroupant, sont en mesure de peser sur les choix politiques et économiques pour plus d’ambition climatique.

A Marrakech, la COP dite « de l’action », était centrée sur les règles de mise en oeuvre de l’accord de Paris. Dans le contexte des récentes élections américaines avec l’arrivée au pouvoir d’un climato-sceptique, les discours des chefs d’État étaient très attendus. Or, les pays ont clairement réitéré leurs engagements.

Face à l’effet Trump, le monde de l’entreprise a également affiché sa résistance. 360 enseignes, américaines ou présentes sur le marché américain, ont signé un appel demandant que l’Accord de Paris soit appliqué. Un signal fort qui montre que de plus en plus d’entreprises semblent avoir compris qu’un monde à 4 ou 5 degrés de réchauffement est totalement incompatible avec la prospérité, y compris la leur…

Accompagner les villes dans la mise en oeuvre de la transition énergétique

Pour réduire l’empreinte écologique mondiale des villes et inciter à des modes de vie plus respectueux, le WWF travaille avec les gouvernements et les réseaux urbains à réinventer la ville de demain.

Le jeudi 8 décembre 2016, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, et Pascal Canfin, Directeur général de WWF France, ont signé, une convention de partenariat. Ensemble, les deux acteurs conjugueront leurs efforts pour lutter contre les changements climatiques, promouvoir des modes de vie à faible empreinte écologique, bénéfiques à la qualité de vie, au bien-être et à la santé des habitants et à tous les usagers de la Métropole.

En avril 2017, c’est la ville de Rouen qui s’associe au WWF. Fréderic Sanchez, président de la Métropole Rouen Normandie, et Pascal Canfin, directeur général du WWF France, signent une convention de partenariat permettant à notre organisation d’accompagner la métropole dans la transition écologique de son territoire et la définition de ses objectifs de lutte contre le changement climatique.

Cette collaboration sera amorcée par la préparation des engagements de la métropole et des acteurs du territoire sur le climat et l’énergie, notamment à travers le concept innovant d’une « COP21 locale » et la mobilisation de plusieurs secteurs vers un « Accord de Rouen » pour le climat. Ce partenariat doit permettre d’amplifier les efforts déjà enclenchés ces dernières années sur le territoire de la métropole qui ont permis de réduire ses émissions et de baisser sa consommation d’énergie.

Notre objectif Vie des océans

D'ici 2020, les espèces et habitats marins prioritaires, tels que les mammifères marins, les tortues marines et les récifs coralliens​​​​​​​ seront mieux protégés.

Sur les traces des baleines à bosse

Grâce aux scientifiques du bureau de Nouvelle-Calédonie du WWF, de l’IRD* et d’Opération Cétacés, qui sont parvenus à poser des balises sur quatre baleines, il est désormais possible de suivre les cétacés en temps réel sur Internet.

Malgré un moratoire et une interdiction du commerce international des produits baleiniers, chaque année, près de 1 000 baleines sont tuées à des fins commerciales.

Parce qu’on ne protège bien que ce que l’on connaît bien, le WWF mène des actions d’observation et de suivi scientifique sur le terrain. Lancé en 2016, le projet WHERE, notamment, explore la distribution spatiale et l’habitat des baleines à bosse sur l’ensemble de l’espace maritime de la Nouvelle- Calédonie.

Menée par les équipes du WWF, de l’IRD et d’Opération Cétacés, avec le soutien de l’équipage de l’Amborella, le navire océanographique du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, la deuxième campagne (MARACAS 2) de l’étude WHERE s’est achevée en septembre 2016. Grâce à une météo favorable, des informations précieuses ont pu être récoltées sur la présence de baleines à bosse dans cette zone du parc naturel de la mer de Corail.

Une trentaine d’animaux a été observée. Parmi eux, de nombreuses mères accompagnées de baleineaux. Comme lors de la première campagne, des clichés photographiques et des échantillons de peau ont été collectés et ils permettront d’en apprendre plus sur la connectivité au sein du parc. Mais surtout, des balises ARGOS ont été posées sur quatre baleines à bosse. Désormais, il est possible de suivre en direct les allées et venues d’Ornella, Chester, Samba et Wally.

MObi : une appication mobile pour recenser les mammifères marins

Les observateurs amateurs constituent une source à ne pas négliger pour récolter des informations sur les mammifères marins. D’où l’idée de créer un moyen de collecte de données à la fois simple et moderne via une application smartphone.

Acronyme de « Marine Mammal Observers of Oceania by Internet», l’application MObi est financée par le WWF France et ses partenaires Crème de la mer, Te Me Um et le PROE. Gratuite pour tous ses usagers, « MObI » fait allusion à l’aspect mobile de l’outil, mais est aussi un clin d’oeil au célèbre Moby Dick, roman d’Herman Melville publié en 1851.

Cette application permet aux utilisateurs de référencer à tout moment les mammifères marins (baleine, dauphin, dugong, cachalot, etc.) en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française. En quelques clics, l’appli identifie l’espèce et la localise tout en envoyant des photos. Le rapport est ensuite transféré automatiquement sur une base de données, lors de la prochaine connexion du smartphone à Internet.

Ludique et pédagogique, cette application a pour but d’accroître les connaissances sur la diversité, la répartition et l’écologie des mammifères marins dans le Pacifique. En renseignant leurs observations sur MObI, les usagers du lagon contribuent ainsi à un projet de science participative pour une meilleure gestion et conservation des populations !

Mesurer la pollution pour mieux protéger les mammifères marins

Selon les premiers résultats d’une étude pilote réalisée en 2016 par le WWF France, les rorquals communs, les cachalots et les globicéphales noirs qui vivent en Méditerranée sont contaminés par les phtalates, composés chimiques présents dans les matières plastiques.

Les rejets des produits toxiques liés aux activités industrielles et agricoles sur le littoral, PCB, composés chlorés et métaux lourds en particulier, sont à l’origine d’une pollution chronique dont les effets sont encore mal connus sur les espèces de Méditerranée. 

Au cours de l’année, le WWF France a réalisé des biopsies sur près de 90 cétacés dans le sanctuaire Pelagos en Méditerranée. Ces échantillons ont été analysés selon une grille de dix phtalates particulièrement dangereux et/ou très utilisés. Couramment employés pour assouplir les matières plastiques ou incorporés comme fixateurs dans de nombreux produits cosmétiques, on retrouve des phtalates dans un grand nombre de produits. Les effets nocifs de ces composés chimiques portent essentiellement sur la fertilité, le développement du foetus et du nouveau-né. 

Or, les résultats des prélèvements ont de quoi susciter l’inquiétude. Le rorqual présente une concentration en DEHP de 799 μg/kg, le cachalot de 631 μg/kg et le globicéphale noir de 739 μg/kg. À titre de comparaison, on considère qu’une source alimentaire a une concentration élevée lorsque la quantité de phtalate passant du plastique dans l’aliment est supérieure ou égale à 300 μg/kg.

Fish Forward, consommer au Nord sans nuire au Sud

Dans le cadre de Fish Forward, un projet financé sur 3 ans par la Commission européenne et rassemblant 11 pays, le WWF s’est efforcé de sensibiliser à la consommation responsable des produits de la mer.

Tandis que l’Europe est le plus grand importateur de produits de la mer au monde, 50 % de ces importations proviennent de pays en voie de développement. Il est fondamental de responsabiliser les comportements d’achats pour limiter les impacts sur les écosystèmes et sur les communautés qui dépendent de la pêche dans ces pays.

À travers le projet Fish Forward, le WWF s’était donc donné pour mission de fournir de l’information aux consommateurs, aux entreprises et aux pouvoirs publics afin que chacun ait la possibilité d’agir sur la réduction de la pauvreté et la protection des écosystèmes pour devenir, enfin, acteur de sa consommation.

Le WWF a notamment publié un nouveau conso guide pour aider les amateurs de poisson à diversifier leur consommation, partant du constat que l’océan est une ressource renouvelable capable de répondre aux besoins des générations futures si les pressions auxquelles il est exposé sont efficacement atténuées. L’Océan dans votre assiette révèle les histoires cachées de nos menus et amène le grand public vers des poissons moins courus grâce à des recettes revisitées par de grands chefs représentant plusieurs pays d’Europe. C’est François Pasteau qui a été choisi pour la France et qui nous fait redécouvrir avec ses confrères européens des espèces telles que le chinchard, le mulet noir, le poisson-lapin ou encore le merlu.

Notre objectif Vie sauvage

D'ici 2020, la criminalité liée aux espèces menacées (éléphants, grands singes, rhinocéros, tigres) diminuera en Afrique et en Asie.

Faire reculer le trafic de cornes de rhinocéros au Vietnam

Face à la menace grandissante du braconnage, le WWF et l’AFD ont lancé un projet innovant qui a pour finalité ultime de faire baisser la demande de cornes de rhinocéros de 50 % au Vietnam d’ici 2020.

Très recherchée au Vietnam, la corne de rhinocéros se vendrait plusieurs dizaines de milliers d’euros par kilogramme. Elle est très prisée en médecine traditionnelle en raison d’une croyance populaire qui lui accorde de nombreuses vertus alors qu’elle n’a aucune valeur scientifique pour la médecine. D’autre part, dans un pays ayant connu une croissance économique rapide, dans lequel le pouvoir d’achat s’est accru et le culte de l’apparence est en plein essor, la corne de rhinocéros symbolise le pouvoir, la réussite, le succès et permet d’affirmer son statut social.

Le Vietnam, grand consommateur, est dans le collimateur de la communauté internationale qui l’accuse de ne pas lutter suffisamment contre un trafic qui conduit à une intensification du braconnage en Afrique du Sud. Comme les éléphants pour leur ivoire, les rhinocéros y sont victimes, depuis cinq ans, d’un braconnage sans précédent pour leurs cornes. En 2014, 1 215 rhinocéros ont été tués par des braconniers selon le gouvernement sud-africain, ce qui représente une augmentation de 21 % par rapport à l’année précédente.

Face à cette menace, le WWF et l’AFD ont lancé un projet innovant qui a pour finalité ultime de faire baisser la demande de cornes de rhinocéros de 50 % au Vietnam d’ici 2020. Comment ? Tout d’abord, en mobilisant des leviers de changements comme les Organisations de la société civile (OSC) et des personnes influentes auprès des consommateurs de cornes de rhinocéros (dirigeants d’entreprises, leaders d’opinion, personnalités gouvernementales, icônes culturelles...) afin qu’ils deviennent les ambassadeurs de cette cause. Le but est de parvenir à faire changer les mentalités pour que les consommateurs renoncent aux cornes de rhinocéros.

Restauration d'une zone humide emblématique

Depuis 2014, le WWF France, le parc naturel régional de Camargue, la tour du Valat et la Société nationale de protection de la nature travaillent ensemble au rétablissement du fonctionnement naturel des étangs et marais des salins de Camargue.

Couvrant plus de 6 500 hectares, au coeur de la Camargue, le site des étangs et marais des salins abrite l’unique station de nidification des flamants roses en France : en moyenne 15 000 couples y nichent chaque année. Zone humide d’importance mondiale, le site est reconnu et protégé au niveau européen et national par différents statuts réglementaires. Pourtant, il a été totalement artificialisé pour une production industrielle de sel de mer.

Suite à l’acquisition du site par le conservatoire du littoral, le parc naturel régional de Camargue, la Société nationale de protection de la nature, la tour du Valat et le WWF France ont décidé de collaborer sur un projet de restauration du site pour rétablir son fonctionnement naturel. L’objectif ? Restaurer les échanges hydrauliques et biologiques entre le vieux Rhône, les lagunes et la Méditerranée en facilitant l’écoulement naturel de l’eau douce dans le territoire.

Grâce aux travaux hydrauliques menés dans le cadre du projet, dont l’aménagement d’un nouveau canal, l’eau circule désormais jusqu’à l’étang du Fangassier. Auparavant l’eau du vieux Rhône allait directement à la mer, sans passer par le site des étangs et marais salins de Camargue. Ainsi, plus d’un milliard de litres d’eau vont être restitués à cet écosystème chaque année. Un bouleversement qui va permettre de maintenir le niveau des eaux dans la zone humide et notamment de protéger le site de nidification des flamants roses des prédateurs.

En parallèle, élus, agriculteurs, chasseurs et publics scolaires ont été sensibilisés à la nécessité de préserver la ressource en eau et les écosystèmes aquatiques via des visites de terrain, des séances d’information ou encore la diffusion de newsletters et de brochures.

Pour une cohabitation harmonieuse avec les grands carnivores

Depuis plus de 30 ans, le WWF France mène des actions pour permettre une cohabitation apaisée entre nos grands carnivores et les activités humaines, en particulier l’élevage.

Les grands carnivores sont persécutés depuis des siècles en raison des dommages qu’ils causent aux troupeaux. Aujourd’hui, notre pays n’a pas encore réussi à mettre en place une politique qui permette aux loups, aux lynx et aux ours de vivre à nos côtés. Créer les conditions d’une cohabitation pacifique entre l’homme et l’animal est pourtant une question prioritaire pour tout travail de protection des espèces menacées.

C’est pourquoi, nous finançons depuis plus de 30 ans des projets visant à protéger l’habitat de l’ours brun des Pyrénées et à accroître l’acceptation des plantigrades par les habitants, les élus du territoire et les bergers qui vivent à leurs côtés. Le WWF les soutient notamment à travers le programme « Pé Descaous » qui valorise le fromage produit en « zone à ours » et promeut le retour à une population d’ours viable dans les Pyrénées Atlantiques avec son partenaire local le FIEP (Fonds d’intervention éco-pastoral). En février 2017, le WWF a lancé une campagne pour convaincre les citoyens de répondre à l’enquête publique entreprise par le gouvernement sur le « volet ours » de la Stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité (SPVB). Au total, 6 722 contributions ont été recensées dont 95,2 % en faveur de la conservation et de la présence de l’ours dans les Pyrénées.

Côté loup, nous finançons depuis plus de 15 ans des actions pour aider les bergers à prévenir les attaques de l’animal sur leurs troupeaux. Renforcement de la présence humaine aux côtés du bétail, chiens de protection, pose de clôtures appropriées, expérimentations d’effarouchement : c’est le programme « Pastoraloup » porté par FERUS et soutenu par le WWF.

Notre objectif Vie des forêts

D'ici 2020, les acteurs qui ont pris des engagements contre la déforestation et la dégradation des forêts​​​​​​​ les tiendront et seront rejoints par d’autres.

Politique papier des entreprises : les bons élèves

Le Baromètre PAP50 2016 est encourageant car, parmi les 22 entreprises ayant répondu de façon complète, certaines affichent de très bons résultats. La mise en oeuvre d’une « politique papier » exemplaire n’est plus une utopie.

Chaque jour, plus d’un million de tonnes de papier est utilisé dans le monde. Or, dans certaines régions, la production et la récolte de bois à destination du papier menacent les forêts naturelles et les hommes qui en dépendent (conversion de forêts naturelles en plantation, destruction de la biodiversité ou encore émission de grande quantité de CO2). En France, seul un papier sur cinq est collecté dans le secteur tertiaire et le taux de recyclage sur le territoire reste bas, avec seulement 43 % des papiers et cartons recyclés.

Le Baromètre PAP50, réalisé par le WWF France et Riposte Verte sous mécénat de PAPREC, permet d’évaluer la politique papier des grandes entreprises, collectivités ou institutions dans le but de les inciter à améliorer leurs performances environnementales. Cette année, il s’est concentré sur l’analyse des pratiques de 53 grandes entreprises françaises dans la grande distribution, l’agroalimentaire, le conseil, la beauté et le luxe, la distribution de fournitures de bureau, la gestion du courrier et les télécommunications ou encore des secteurs de l’énergie et de la chimie.

Et les résultats sont plutôt encourageants… Selon le Baromètre PAP50 2016, certaines entreprises ont su mettre en oeuvre des politiques papier à la hauteur des enjeux. La Française des Jeux, Yves Rocher, Engie, Carrefour et La Poste se placent à la tête du classement, démontrant qu’il est possible d’adopter une politique exemplaire en matière de papiers recyclés et certifiés avec impacts positifs sur les communautés et les écosystèmes, ainsi que dans l’optimisation de l’usage du papier.

Restaurer la forêt au service de l'homme

Depuis près de 15 ans, le WWF agit en Nouvelle-Calédonie pour la restauration des forêts humides, notamment sur le bassin-versant de la rivière Dumbéa. Si nous nous mobilisons aujourd’hui, c’est pour garantir l’approvisionnement des populations en eau via la préservation du couvert forestier.

En Nouvelle-Calédonie, il ne reste que 2 % des forêts sèches originelles et pas plus de 30 % des forêts humides. Des crêtes de la Chaîne centrale au littoral, les formations forestières régressent du fait des activités humaines. Incendies, invasions biologiques et mines en sont les principaux moteurs de destruction. Pourtant, non seulement ces forêts abritent une extraordinaire biodiversité (dans les forêts humides, 4 plantes sur 5 sont uniques au monde), mais elles fournissent également d’indispensables services à la population, dont l’approvisionnement vital en eau pour ses besoins domestiques, agricoles, industriels et touristiques.

Lorsque le couvert forestier disparaît, l’eau de pluie ne s’infiltre plus dans les sols et les réserves souterraines ne se reconstituent plus. Cela provoque des ruissellements accrus qui augmentent les risques d’inondation dans les vallées côtières, et génèrent une forte érosion, conduisant à une pollution des cours d’eau et à l’asphyxie de la faune et de la flore. Ces menaces déjà présentes seront amplifiées par le dérèglement climatique, qui accentue à la fois la violence des phénomènes cycloniques et la sévérité des épisodes de sécheresse.

La restauration et la préservation du couvert forestier des têtes de bassinversant, en particulier des périmètres de captage d’eau, apparaissent donc cruciales pour la préservation de la biodiversité, la disponibilité en eau et la réduction du risque d’inondation. C’est pourquoi le WWF continue à mobiliser les Calédoniens (collectivités et société civile) sur la restauration des forêts humides de la Chaîne, château d’eau de ce territoire insulaire.

Nous oeuvrons aussi au quotidien via des actions concrètes telles que le reboisement de deux sites pilotes l’Aoupinié en Province Nord et la Haute-Dumbéa en Province Sud, avec des espèces natives adaptées au milieu : environ 11 000 arbres sur la Dumbéa, environ 4 000 semis sur Gohapin, la réalisation du premier diagnostic de l’état de santé des périmètres de captage d’eau, ou encore la sensibilisation des populations locales via des événements emblématiques comme le premier éco-trail de Nouvelle-Calédonie ou le Pandathlon qui a rassemblé l’an passé plus de 500 coureurs et de nombreuses entreprises.

Protéger la forêt amazonienne du plateau des Guyanes

Aujourd’hui, l’objectif du WWF est de sécuriser à long terme la forêt du plateau des Guyanes, et de préserver ainsi le plus grand bloc forestier amazonien encore intact.

Le parc national des monts Tumuc-Humac au Brésil et le parc amazonien de Guyane couvrent ensemble près de 7,3 millions d’hectares, formant ainsi la plus grande forêt tropicale protégée au monde. Ces espaces protégés permettent de préserver une biodiversité exceptionnelle ainsi que l’ensemble des services écosystémiques qu’elle rend aux populations locales, en particulier sa fonction de régulation climatique.

Mais l’intégrité de ce massif forestier demeure fragile. Les activités minières, majoritairement illégales ou incontrôlées, ont détruit plus de 600 km2 de forêt primaire dans les Guyanes entre 2001 et 2013, soit 41 % de la déforestation minière en Amazonie. D’autres pressions, comme le développement routier ou la construction de grands barrages, menacent également le bon état de ces vastes zones forestières.

Tout au long de l’année, nous avons mené des actions de plaidoyer, avec les communautés locales, pour appuyer la création du corridor indigène de conservation du sud surinamais. Nous avons notamment lancé une étude du potentiel de développement socio-économique durable dans la zone frontalière Guyane-Brésil afin d’identifier des filières de développement alternatives à l’exploitation illégale de l’or (développement écotouristique, valorisation du patrimoine naturel et culturel, etc.).

En parallèle, nous avons mis en place une plate-forme transfrontalière et participative du suivi de la déforestation à l’échelle des trois territoires, permettant de calculer de manière cohérente les enjeux carbone liés aux pressions sur la forêt. Une interface web restituera ces informations aux citoyens, qui pourront alimenter le contenu avec des informations directement issues du terrain, via une application mobile.

 

Notre objectif Alimentation

D'ici 2020, les politiques agricoles nationales et européennes encourageront les systèmes alimentaires durables.

Élevage et climat

En février 2017, INTERBEV, l’Interprofession élevage et viande, FNE, la Fondation Nicolas Hulot, Green Cross et le WWF France ont diffusé une publication commune sur les impacts environnementaux de l’élevage bovin allaitant français.

En 2014, INTERBEV a décidé d’inviter les ONG de protection de l’environnement à échanger avec des représentants de la filière. L’objectif ? Débattre ouvertement et de façon constructive sur l’élevage bovin français et la production de viande bovine, notamment face aux enjeux climatiques.
Quatre associations répondent à l’appel : Green Cross France et Territoires, France Nature Environnement, la Fondation Nicolas Hulot et le WWF France.

Dans le cadre de cette démarche, plusieurs sessions d’échanges et de coconstruction sont organisées, avec ouverture et respect. Le résultat, consigné dans une brochure publiée en février 2017, dévoile les points de débats et de consensus pour engager l’élevage bovin allaitant dans la lutte contre le changement climatique.

Le WWF France est persuadé que l’élevage allaitant français possède de réels atouts environnementaux en termes de maintien de la biodiversité, de stockage de carbone, ou encore de pratiques d’élevage, qu’il convient de préserver et de valoriser. C’est pourquoi il nous semblait important de participer activement à cette démarche de concertation qui a permis d’identifier les bonnes pratiques et de favoriser ainsi une prise en compte globale de la gestion des élevages et de leurs impacts, tout en favorisant leur autonomie alimentaire et en questionnant le bien-être animal.

Cependant, la mise en évidence de ces bienfaits ne doit pas occulter la problématique de la surconsommation de protéines animales au niveau mondial. Ainsi, au-delà de la promotion des pratiques d’élevage durable, le WWF France souhaite également encourager la diminution de la consommation de protéines animales promeut de consommer « moins mais mieux ».

Améliorer les politiques d'approvisionnement en huile de palme

L’édition 2016 du scorecard WWF sur les approvisionnement en huile de palme passe en revue les pratiques et politiques des 137 plus gros acteurs de la distribution, des produits de consommation et des services de restauration aux États-Unis, au Canada, en Europe, en Australie, au Japon et en Inde.

Comme les années précédentes, ce classement se base sur les engagements et réalisations des entreprises, notamment sur leur engagement à acheter de l’huile de palme non issue de la déforestation, la transparence de leurs politiques d’approvisionnement ou encore leur appartenance ou non à la table ronde pour l’huile de palme durable (RSPO). Parmi les entreprises évaluées, des marques emblématiques telles que Carrefour, Ikea, McDonald’s, Nestlé, Safeway, Tesco ou Walmart ont été passées au crible.

En 2015, de nombreuses entreprises avaient promis aux consommateurs de se fournir à 100 % en huile de palme certifiée. Pourtant, si plus de la moitié des entreprises évaluées affichent des progrès appréciables, 1 acteur sur 5 n’a pas répondu ou ne fait que trop peu pour réduire l’impact de l’huile de palme qu’il achète sur les écosystèmes.

Un an plus tard, l’évaluation du WWF a en outre examiné avec quelle rapidité les entreprises passent du simple échange de certificats à l’approvisionnement physique en RSPO. Seules trois entreprises ont utilisé à 100 % de l’huile de palme RSPO ségrégée en 2015. Le groupe Sodexo s’est vu attribuer la note maximale de 9 points. Un résultat qui reflète les actions de la société pour améliorer ses pratiques d’approvisionnement en matière d’huile de palme issue de filières durables et les initiatives menées pour continuer à sensibiliser la communauté de ses fournisseurs, ses équipes d’achats ainsi que ses clients et consommateurs sur l’importance d’une production d’huile de palme issue de filières durables.

En conclusion, si nombre d’entreprises ont pris les bonnes décisions en matière d’approvisionnement en huile de palme, beaucoup de marques, mondialement connues, n’ont pas tenu leurs promesses vis-à-vis des consommateurs, voire ne font toujours rien pour contribuer à limiter la déforestation et à réduire l’impact de la production de l’huile végétale la plus répandue au monde, notamment dans les milieux tropicaux les plus vulnérables de la planète.

Pour une filière laitière responsable

La production de soja et du tourteau de palmiste (aussi appelé PKE, Palm Kernel Expeller) qui composent la ration de la vache laitière se fait au détriment des forêts. Désireux de limiter les impacts environnementaux de ses activités, le groupe Bel, acteur majeur des produits laitiers, renouvelle son partenariat avec le WWF France.

Membre de la RTRS (table ronde pour le soja responsable) depuis 2014, le groupe Bel franchit une nouvelle étape en 2015 en achetant des certificats RTRS pour compenser 100% des volumes de soja utilisés dans l’alimentation des vaches laitières de ses producteurs à travers l’Europe, soit 44 500 tonnes.
Le groupe Bel continue en parallèle à soutenir un projet de terrain au Mato- Grosso (Brésil) pour aider des producteurs de soja à accéder à la certification RTRS via des pratiques plus responsables. Plus de 21 000 hectares de culture de soja ont déjà été certifiés RTRS, couvrant ainsi les volumes nécessaires pour le groupe Bel.

En partenariat avec le WWF, Bel a rejoint en 2016 un nouveau programme situé à Bornéo en Malaisie. Le Groupe accompagne aujourd’hui des petits producteurs locaux pour la certification RSPO (table ronde pour l’huile de palme durable), aide à la valorisation des résidus de production de l’huile de palme comme le palm kernel expeller (PKE) et favorise ainsi la mise en place d’une filière PKE plus transparente sur place.

Depuis 2016, Bel couvre 100 % des volumes de soja (certification RTRS) et de PKE (certification RSPO) utilisés au niveau mondial pour produire le lait qui entre dans la composition des fromages Bel.

Chaque année le WWF publie une « soja scorecard » pour évaluer les performances d’une centaine d’entreprises européennes concernant l’utilisation de soja responsable qui entre dans l’alimentation des animaux d’élevage qu’il s’agisse de viande, de poissons, d’oeufs ou de produits laitiers.

Notre action sur le levier marché

D'ici 2020, transformer de manière mesurable les marchés des matières premières renouvelables, non renouvelables et des services, vers des modes de production et de consommation durables.

Pour un marché du caoutchouc responsable

Premier producteur mondial de caoutchouc, l’Asie du Sud-Est voit ses forêts tropicales de plus en plus menacées par la culture de l’hévéa. Au rang des solutions, le WWF promeut les partenariats réunissant l’ensemble des organisations de la chaîne de valeur (de la forêt au pneu) afin d’atteindre une production plus responsable.

Depuis juin 2015, le WWF et le Groupe Michelin collaborent pour définir et développer une vision du caoutchouc naturel responsable. À ce titre, en juin 2016, Michelin a publié sa politique de caoutchouc naturel responsable qui met l’accent sur son engagement zéro déforestation, la défense des droits de l’homme avec la garantie de bonnes conditions de travail, l’amélioration des pratiques agricoles et la transparence de sa chaîne d’approvisionnement.

Dans le même temps, un projet pilote est mené en Indonésie, pour la mise en œuvre opérationnelle du caoutchouc naturel responsable et lutter contre la déforestation. Il s’agit de favoriser le développement de plantations gérées de façon responsable sur des terres dégradées, et ce avec le plein consentement des communautés locales titulaires d’un droit de propriété, au lieu de saisir des terres et de déboiser des forêts naturelles de haute valeur.

En parallèle, le WWF encourage les acteurs industriels et institutionnels liés au caoutchouc naturel à s’organiser pour être moteurs de la transformation du marché du caoutchouc naturel vers plus de durabilité. Enfin, le WWF étudie des principes et critères de durabilité pour l’ensemble de la chaîne afin d’adapter les systèmes de certifications existants (FSC, RSB, SAN) au caoutchouc naturel.

Notre action sur le levier gouvernance

D'ici 2020, accélérer l’atteinte des objectifs mondiaux du WWF en utilisant la capacité d’action de la France dans les instances internationales et européennes.

Nos victoires

Depuis son origine, le WWF a développé une politique d’influence auprès des États et des institutions pour que la question de la préservation de l’environnement soit prise en compte dans l’agenda politique et public. Cette année encore, nous avons fait entendre notre voix, tant au niveau national qu’européen.

Décembre 2016 : suite à la mobilisation de plus de 500 000 citoyens dans le cadre de la campagne #NatureAlert menée par le WWF et plus de 200 ONG en Europe, la Commission européenne confirme que les directives Oiseaux et Habitats ne seront ni réécrites ni affaiblies et qu’un plan d’action sera développé pour permettre une meilleure mise en œuvre de ces textes.

Janvier 2017 : la France est le deuxième pays à émettre sa première obligation verte (green bonds) et concrétise ainsi l’engagement du président de la République de développer ce mécanisme pour financer la transition énergétique. Dix milliards d’euros d’investissement seront éligibles chaque année au titre de ce dispositif. Le WWF avait publié un rapport de référence sur le sujet quelques mois plus tôt. • Février 2017 : la Stratégie nationale mer et littorale (SNML) est adoptée : le WWF s’était fortement impliqué pour qu’y soit inscrit un moratoire sur la recherche d’hydrocarbures en Méditerranée et sur la façade atlantique, pour équilibrer enjeux économiques et environnementaux et pour faire en sorte que des objectifs stratégiques de long terme figurent au premier plan de ce texte. Objectifs atteints !

Février – avril 2017 : 5 candidats à la présidentielle 2017 répondent dans le cadre des #PandaLive aux questions de la communauté du WWF France et prennent des engagements sur les sujets environnementaux. Les engagements pris par Emmanuel Macron lors de son #PandaLive sont structurants et devront guider l’action de son quinquennat.

Avril 2017 : à l’appel notamment du WWF, plus de 258 000 Européens répondent à la consultation organisée par la Commission européenne sur la réforme de la Politique agricole commune et défendent une agriculture plus juste, plus saine et plus durable. C’est la 2ème plus forte mobilisation dans le cadre d’une consultation européenne, la première étant celle pour défendre les directives « Oiseaux » et « Habitats ». Le WWF est à l’origine de ces deux mobilisations, avec Birdlife Europe et le Bureau européen de l’environnement.

Un nouveau pacte agricole et alimentaire

Le WWF prône une réforme radicale de la Politique agricole commune pour garantir une production d’aliments de bonne qualité à court et à long terme, pour créer de l’emploi et préserver l’environnement, au profit de notre avenir et de celui des générations futures.

Industrialisée depuis les années 60, l’agriculture affecte aujourd’hui gravement la nature et la biodiversité, le climat, notre santé et l’emploi dans nos campagnes. Notre modèle agricole est à bout de souffle et la PAC ne fonctionne pas. C’est le message fort envoyé à la Commission européenne par 258 708 citoyens issus de près de 600 organisations de la société civile et d’entreprises. Ils se sont exprimés par le biais d’une grande consultation publique européenne sur la politique agricole qui a pris fin le 2 mai 2017.

Les ONG Birdlife, le Bureau européen de l’environnement et le WWF sont à l’origine de cette mobilisation en ligne pour appeler à répondre à cette consultation et défendre une politique agricole européenne juste, écologiquement durable, saine et responsable. Contrairement aux idées véhiculées par les lobbies, une production biologique, en permaculture ou à bas niveau d’intrants, est bien plus rentable à long terme. Les expertises le prouvent et des agriculteurs nous le montrent tous les jours.

Les Européens ont un attachement profond à leur agriculture et à leur alimentation. Ils refusent un modèle de production destructeur de nos réserves naturelles et des espèces. Ils veulent que l’argent public soit investi dans un modèle agricole plus responsable qui accompagne le monde rural vers une agriculture durable. Nous allons maintenant voir si la Commission européenne peut impulser une politique en ce sens.

Notre action sur le levier finance

D'ici 2020, augmenter de manière mesurable les flux financiers publics et privés orientés vers un développement soutenable, tout en diminuant les financements disponibles pour les activités les plus destructrices.

Développer un marché des obligations vertes sécurisé

Convaincu du fort potentiel du marché des obligations vertes (green bonds) pour accélérer la transition écologique et énergétique grâce aux capitaux publics et privés qu’il permet de lever, le WWF mène des actions de lobby pour la sécurisation du marché des obligations vertes en devenir.

Dans la plupart des cas, c’est l’émetteur lui-même qui définit ce qui est vert et ce qui ne l’est pas, sans les garde-fous appropriés. Il existe donc un risque réel de « green washing » qui pourrait perturber le développement de ce marché naissant. Des initiatives de normalisation multiacteurs existent, notamment dans le cadre des « Green Bonds Principles (GBP)» et de la « Climate Bonds Initiative (CBI) », mais un travail important reste à accomplir pour sécuriser le développement du marché des obligations vertes.

C’est la raison pour laquelle, le 13 juin dernier, le WWF a publié un rapport intitulé « Les obligations vertes doivent tenir leur promesse ». Dans ce document de référence, nous appelons à des normes fiables, crédibles, suffisamment précises et largement acceptées. Seule une obligation pour laquelle l’émetteur peut démontrer des bénéfices environnementaux tangibles et mesurables, certifiés par un organisme indépendant, devrait être considérée comme une « obligation verte ».

Le WWF salue l’intérêt marqué des investisseurs et des émetteurs publics et privés, notamment français, pour les obligations dites « vertes ». Sous réserve de présenter une véritable additionnalité, l’émission d’une « obligation verte souveraine » est intéressante, car elle permet de passer à une autre échelle et d’élargir la gamme des investissements verts disponibles .